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LUX, AQUA ET REFLEXIO

"Le halo lumineux est répété de manière identique et continue, nous faisant percevoir indirectement la dimension horizontale des entraxes entre ces éléments verticaux."

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Camille Heiser

Aux abords d’une promenade arborée longeant la Meurthe, sur la rive, à la frontière de Nancy et Saint-Max, se trouve un lieu quelque peu inattendu. Lorsque nous arrivons sur l’esplanade, nous remarquons des escaliers menant à l’eau. Devant ces escaliers, des pylônes en béton brut se dressent curieusement, mais dans quel but ? Pour y amarrer des bateaux ? Non, je ne pense pas. Étant née à Nancy et vivant encore à Saint-Max, je n’ai vu aucun bateau naviguer dans ces eaux, si ce n’est les canoës, kayaks et avirons. Dans ce lieu presque abandonné, la nature commence à reprendre le dessus. Entre les marches de béton préfabriquées, des plantes se glissent et grandissent librement, mais gèlent et fanent en hiver. Ce lieu rassemble, à certains moments de la journée,

quelques animaux comme les cygnes, les canards ou les pigeons. Le niveau de l’eau se limite aux deux dernières marches. Il ne fluctue pas selon la marée, mais selon la météo. Si le temps est sec, l’eau s’arrête avant la dernière marche, si le temps est pluvieux, l’eau peut monter au-dessus de l’avant-dernière marche. Ce lieu, situé à côté d’une promenade fréquentée, n’a pas l’air d’attirer l’attention des passants. Pourtant, il recèle un potentiel qui, mis en valeur, donnerait aux passants l’envie de s’y arrêter quelques instants. L’accessibilité à l’eau par les marches met en scène les colonnes comme dans un théâtre. Par cette déduction, il est évident de valoriser ce site par les éléments principaux du lieu, les sept pylônes.

L’élaboration du concept de l’installation fût le fruit d’une réflexion complexe. D’une part, car les pylônes ne sont pas directement accessibles si nous ne sommes pas équipés de hautes bottes, mais aussi, car leur dimensionnement et leurs positions induit de grandes distances et donc un besoin de légèreté. Ainsi, le choix s’est porté sur une installation lumineuse posée directement aux pieds des colonnes, en rasant l’eau, afin d’éclairer ceux-ci de manière homogène et diffuse. Le halo lumineux est alors répété de manière identique et continue, nous faisant percevoir indirectement la dimension horizontale des entraxes entre ces éléments verticaux.

Notre regard est alors naturellement attiré par cet espace modelé par la lumière. Cette lumière nous donne aussi à voir un franchissement : celui de l’étendue du halo sur le pylône, mais surtout du reflet sur l’eau selon son niveau, donnant la mesure en continuelle fluctuation entre la colonne et les marches.

 

 La pose des modules lumineux s’est déroulée durant le solstice d’hiver, pendant les jours les plus courts de l’année, mais aussi les plus frais. Il s’agissait d’attacher et de faire glisser les modules vers le bas, et enfin d’attendre que le soleil se couche pour allumer les leds.