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PASSAGE INACCESSIBLE

"Le fait de devoir casser la canne montre le caractère infranchissable de ce passage pour les personnes à mobilité réduite"

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Violette Cairey

Situé rue Charles III, un petit passage est coincé entre la voie souterraine et l’hôpital. Les piétons sont peu nombreux, pourtant, ce passage relie la rue des Quatre Églises avec la rue des Ponts, qui donne accès à l’association Les Maisons hospitalières. C’est un établissement accueillant des personnes âgées, poly-pathologiques, en perte d’autonomie. Le lieu que j’ai choisi est donc un raccourci pour les familles, les proches ou les professionnels de santé qui travaillent dans cet hôpital. Cette venelle mesure 15 m de long sur 60 cm de large. Il est donc impossible de croiser une autre personne. Il est également impossible pour une personne à mobilité réduite d’emprunter ce passage. 

C’est là que se trouve l’essence de ce lieu, la contradiction entre son emplacement et son usage, par ses dimensions. C’est donc une liaison entre la ville et un hôpital, qui accueille majoritairement des personnes qui ne peuvent pas l’emprunter. Ainsi, ce lieu parle en lui-même de dimensionnement par sa forme en longueur. Je voulais alors souligner son étroitesse qui rend le franchissement impossible pour une grande partie des personnes qui se trouvent dans ce quartier. L’intervention a pour but de montrer cette absurdité urbanistique, cette contradiction spatiale. Ce lieu est censé diminuer le temps de trajet, bénéfique pour les Personnes à Mobilité Réduite (PMR), pourtant, ce sont ces personnes qui ne peuvent emprunter ce chemin.

J’ai utilisé un objet associé à la situation des personnes à mobilité réduite, afin de parler d’elles et de leurs difficultés quotidiennes qu’elles rencontrent pour se déplacer. J’ai choisi la canne, qui est un objet sobre, simple, et que tout le monde connaît, qui a une dimension standard, adaptée à son usage. Ensuite, j’ai voulu représenter physiquement le caractère infranchissable de ce lieu par les personnes qui sont contraintes de le contourner pour rejoindre leur lieu de vie. Mon installation est donc une canne mise en travers de ce passage pour empêcher son franchissement.

La canne étant trop longue par rapport à la largeur de la venelle, je l’ai découpé pour pouvoir la plier et qu’elle puisse correspondre aux dimensions de ce lieu. Là encore, le fait de devoir casser cet objet pour qu’il puisse passer, montre le caractère infranchissable de personnes à mobilité réduite. Elles ont donc recours à d’autres moyens pour se rendre à leur destination, qui sont : faire un détour ou emprunter des rues plus longues. Avec cet exercice, cette réflexion, j’ai rendu visible le fait que l’espace public partagé est souvent adapté selon un modèle validiste, et qu’il n’est pas vécu de la même façon par tous. L’accessibilité est notamment l’un de ces points faibles récurrents.

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